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LA
RESTAURATION DE L'AMPHITHÉÂTRE D'ARLES, BOUCHES-DU-RHÔNE
Alain-Charles Perrot - architecte en chef des Monuments historiques,
paru dans Monumental,
revue annuelle scientifique et technique des Monuments historiques.
Ce
vaste projet de restauration a commencé en 2002 par une première
tranche de travaux aujourd’hui achevés sur sept travées
“test”. Il est prévu, dans les cinq années qui
viennent, de les poursuivre pour l’ensemble de ce qui est appelé
“la couronne” de l’édifice.
Dès le début de l’année 2004, une nouvelle
phase de travaux couvrira cette fois 25 travées. Ce chantier devrait
durer deux années.
Une troisième tranche prévue pour les années 2006-2007
permettra d’achever la restauration de l’ensemble de la couronne
de l’édifice.
Afin de préserver définitivement l’édifice
contre les atteintes de la pluie, de nouveaux gradins seront installés
dans le cadre d’un second programme. Les efforts financiers qui
sont consentis aujourd’hui par l’Etat, la Région Provence-Alpes-Côte
d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville
d’Arles permettront de poursuivre jusqu’au terme de ce grand
projet, le parti pris de restauration retenu de conservation de l’édifice.
Le principe général de la restauration prévue consiste
à conserver intacte et à “cristalliser” la ruine
dans son état actuel en respectant les divers types de restaurations
menées au cours des siècles passés. Il s’agit
de conserver la morphologie actuelle du monument, sa silhouette ruiniforme
et surtout les transparences existantes, situées actuellement dans
les travées supérieures.
Dans la poursuite du dégagement des habitations qui occupaient
le centre de l’amphithéâtre jusqu’au début
du siècle dernier, la restitution des gradins, menée par
l’architecte Revoil, n’a concerné que la première
volée ou maenianum et la partie inférieure du deuxième
maenianum. Quant au reste de la cavea, déshabillé de ses
gradins, galeries et escaliers, il se présente au revers de la
façade et du promenoir, comme une sorte de plateau dont la chape
de protection est aujourd’hui complètement fissurée.
Les infiltrations d’eau créent une dégradation dramatique
des voussures et des parements verticaux. Moellons déjointés,
manquants ou instables sont courants sur l’ensemble des travées.
La protection de l’édifice contre les eaux pluviales constitue
l’un des enjeux majeurs de la restauration du monument. L’eau
s’infiltre à travers les maçonneries des voûtes
qui ne sont plus protégées par les gradins antiques, elle
est la cause des principales dégradations qui menacent la conservation
de l’amphithéâtre.
Pour traiter les risques d’infiltrations au niveau des joints de
pierres, ceux-ci sont purgés et rejointoyés au mortier de
chaux. Les moellons des voussures des travées et galeries sont
nettoyés par micro-sablage, les pierres instables ou fracturées
sont consolidées et complétées par du mortier de
ragréage. Lorsqu’elles ont perdu toute cohésion, elles
sont purgées et dans les cas les plus dramatiques, elles sont remplacées.
Quant aux joints, lavés par les écoulements d’eau,
ils sont également purgés et rejointoyés au mortier
de chaux.
Une
des originalités très spectaculaire du projet de restauration
de ce monument concerne aussi la restitution du promenoir du premier niveau.
Outre le fait que les quelques grandes pierres monolithiques qui subsistent
sont très dégradées, il a été jugé
nécessaire de rétablir cette circulation afin de redonner
au monument ses dispositions architecturales d’origine. Cependant,
compte tenu des dimensions importantes des pierres à mettre en
œuvre, il leur a été substitué des éléments
en béton de même dimension. Pour une meilleure intégration
au monument, leur sous-face est traitée dans un stuc qui reprend
la granulométrie et l’aspect des pierres antiques. La partie
supérieure étant traitée en béton de chaux
comme les circulations du rez-de-chaussée.
Les pierres anciennes, trop usées pour être maintenues en
place sont soigneusement conservées. Le garde-corps en pierre situé
en périphérie du monument, qui s’inscrivait dans chaque
arche du portique extérieur, est restitué en pierre de taille
dans sa disposition antique.
Ces circulations permettront aux visiteurs d’avoir une perception
exceptionnelle de l’amphithéâtre et de la ville.
(Source
: La restauration de l’amphithéâtre d’Arles,
Bouches-du-Rhône, Alain-Charles Perrot, Architecte en chef des Monuments
historiques dans Monumental, revue annuelle scientifique et technique
des Monuments historiques)
cavea
: ensemble des gradins d’un amphithéâtre, réservé
aux spectateurs.
maenianum : division de la cavea formée de plusieurs gradins
et délimittée par les paliers concentriques. |
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