Digne-les-Bains

L’ensemble des découvertes archéologiques dans cette partie de la vallée du Mardaric confirme une intense utilisation de ce territoire dans la seconde partie du Ier siècle de notre ère. La fouille de la cathédrale a confirmé ces hypothèses et a permis de mettre à jour des vestiges de constructions de grande ampleur (portiques, thermes, boutiques, installations de drainage des eaux).

Dans la partie nord du site, des inhumations isolées, datées du IIIe ou du début du IVe siècle, préludaient à l’implantation de deux mausolées. Ces bâtiments furent abandonnés au Ve siècle et servirent de soubassement à une petite église qui accueillit aux Ve et VIe siècles de nombreuses tombes.

Au sud de cette petite église fut créée ensuite une grande basilique à nef unique dont deux annexes faisaient office de sacristies. Cet espace majeur fut bientôt recouvert d’une mosaïque en partie conservée. Son style permet de la dater de la fin du Ve siècle. L’évolution décisive du bâtiment s’opéra surtout dans la première partie du VIe siècle, avec la construction d’un vaste chevet à fond plat. Conformément à l’usage, aucune sépulture ne fut admise à l’intérieur.

La basilique fut utilisée de manière continue durant toute l’époque carolingienne. Elle fut réaménagée à plusieurs reprises, notamment au cours du Xe siècle quand fut créé un large chœur canonial. À l’extérieur, les tombes se multiplièrent. Tout au long du XIe siècle, d’importants remaniements de son architecture ont été réalisés. Les tombes se sont multipliées durant toute cette période et parfois de manière désorganisée. Établies sur plusieurs niveaux superposés, elles comportaient souvent des dépôts funéraires.

La décision de reconstruire la cathédrale fut prise à la fin du XIIIe siècle, avec la volonté de conserver les vestiges antérieurs. Un violent incendie accéléra cette reconstruction. Peu d’éléments se rajoutèrent à l’œuvre du XIIIe siècle. La nouvelle cathédrale fut consacrée en 1330. Dès lors de nombreux caveaux funéraires furent aménagés à l’intérieur même de l’église.

Les origines de cette cathédrale, protégée par son isolement même dans l’ancien bourg canonial, sont restées longtemps mal connues. Dès le XVIIe siècle, le prévôt du chapitre, Pierre Gassendi, y voyait le site de l’église primitive, cependant sans véritable preuve archéologique.

La cathédrale Notre-Dame-du-Bourg fut classée Monument historique en 1840.

En 1945-1946, à l’initiative de Fernand Benoit, quelques sondages préliminaires furent réalisés à l’intérieur et au nord du bâtiment, révélant la présence de tombes sous tuiles. Mais il fallut attendre les campagnes préparatoires aux travaux de restauration de la cathédrale pour qu’un véritable chantier de fouilles puisse s’ouvrir. Dès 1983 un sondage profond fut ouvert dans la nef et l’étude complète du clocher fut réalisée. Les résultats obtenus, montrant la richesse et la complexité des données archéologiques préservées sur deux à cinq mètres de profondeur firent décider la fouille complète de l’église, et de son annexe nord, la chapelle Saint-Elzéar. Ces fouilles furent réalisées en 1987 et 1988 et en 1991, 1992 et 1994.

La mise sous surveillance du monument, initiée en 1982, avait pour objet l’évaluation de désordres structuraux qui se manifestaient par un déversement des murs latéraux de la cathédrale et de multiples fissures évolutives. Une double cause était alors diagnostiquée : d’une part la très mauvaise répartition des charges de la toiture reposant sur de lourdes piles en maçonnerie, elles-mêmes posées sur la voûte occasionnant des poussées en tête de mur et des pressions mal réparties sur le substrat, et d’autre part le comportement du substrat limoneux en fond de vallée du ruisseau du Mardaric, ennoyé de façon saisonnière par une nappe aquifère.

Le projet de stabilisation fut établi en 1986 et mis en œuvre de 1988 à 1990. En même temps se déroulait le chantier de fouille, conclu par la mise en œuvre d’un plancher-tirant dans la nef, permettant de dégager l’espace des cryptes.

De 1991 à 1993 le programme d’assainissement du site amenait à la découverte des vestiges au nord et à l’ouest de l’église.

Les vestiges découverts sous le sol de la cathédrale étaient conservés dans des conditions tout à fait favorables pour leur présentation au public.

L’importance des structures mises à jour incita donc à assurer leur conservation dans une crypte en sous-œuvre, isolée de l’église elle-même qui devait être rendue au culte.

La nécessité de mettre hors d’eau cette crypte et la construction de locaux d’accueil a permis la réalisation d’un long programme de fouille. L’ampleur des résultats acquis sur le terrain jointe à l’apport de multiples études en laboratoire ont permis de restituer peu à peu l’évolution de ce site complexe, occupé sur près de 2000 ans et dont les sols furent sans cesse exhaussés.

La volonté de privilégier, dans une future présentation, les vestiges du temps de la christianisation, a limité les investigations profondes concernant l’Antiquité classique : des interrogations subsistent donc sur l’organisation de la cité antique et des monuments qui purent êtres construits dans cet espace.

Pour plus d’information et pour connaître les horaires d’ouverture de la crypte de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg, vous pouvez :
http://www.ot-dignelesbains.fr/
Contacter l’Office du tourisme :
Office du tourisme
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