Marseille Abbaye de Saint-Victor

Érigée dans un secteur de cimetières antiques, l’abbaye de Saint-Victor domine la rive sud du Lacydon, faisant face à la cité établie sur la rive opposée. Une ancienne carrière est devenue le réceptacle d’un culte funéraire privilégié dont les origines, martyriales ou épiscopales, restent mal connues. La basilique paléochrétienne construite au Ve siècle donne lieu à des récits peu à peu amplifiés qui attirent les pèlerins et favorisent les inhumations ad sanctos (auprès des corps saints). Un véritable parcours de dévotion est aménagé.

Pour ce premier monument, les Ve et VIe siècles sont les périodes essentielles d’activité architecturale et funéraire. Le culte du martyr Victor y est attesté à la fin du VIe siècle. C’est alors une basilica, lieu de pèlerinage qui devient un monastère aux abords de l’époque carolingienne (790). Clercs, pèlerins et moines cohabitent sous le contrôle de l’évêque. Durant la période qui suit, époque obscure traversée d’invasions et de troubles politiques, le monastère s’appauvrit et se replie sur lui-même. Ce n’est qu’en 977 que la vie monastique renaît sous l’impulsion de l’évêque Honorat qui introduit la règle bénédictine. Peu après, en 1005, le monastère gagne son autonomie.

Une première réorganisation architecturale médiévale, liée à la volonté de l’abbé Isarn au XIe siècle, a laissé peu de traces tangibles. Une dédicace en 1040 consacre une nouvelle église. C’est alors seulement qu’est attribuée à Jean Cassien, moine du Ve siècle, la fondation du monastère de Saint-Victor, afin de le rattacher à une grande tradition monastique. L’abbaye gagne en prestige et en richesses, permettant au XIIIe siècle l’achèvement de l’ensemble de l’église supérieure et la construction des bâtiments conventuels. Au siècle suivant, sous l’impulsion d’Urbain V, pape à Avignon, interviennent la reconstruction de l’abside de l’église et la fortification de l’ensemble. Ces travaux de grande ampleur ont peu à peu modifié les anciens bâtiments paléochrétiens et les ont transformés en cryptes.

Le cloître et les bâtiments à l’usage des moines sont détruits durant la période révolutionnaire. L’église devient un dépôt de fourrage et des forçats sont emprisonnés dans les cryptes. Elle est rendue au culte en 1804, mais, entre-temps, les cryptes ont été dépouillées de nombreux sarcophages et de colonnes.

L’aménagement du bassin de carénage en 1832 rompt la relation de Saint-Victor avec le rivage tandis que l’urbanisation dessine de nouvelles rues autour de l’église, seul vestige conservé de l’ensemble monastique.

Malgré plusieurs campagnes de fouilles entreprises par Fernand Benoit dès juillet 1943, puis entre 1963 et 1965, et poursuivies entre 1970 et 1978 sous la direction de Gabrielle Démians d’Archimbaud, certaines parties du site restent inexplorées.

Pour plus d’information et pour connaître les horaires d’ouverture de l’abbaye de Saint-Victor, vous pouvez :
Consulter le site Internet de la Ville de Marseille à l’adresse suivante : http://www.mairie-marseille.fr
Contacter l’Office du tourisme :
Office du tourisme et des congrès
4, la Canebière
13001 MARSEILLE
Tél. : ++ 33 (0)4 91 13 89 00
Télécopie : ++ 33 (0)4 91 13 89 20
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